mercredi 30 juillet 2014

Les mois, l'angoisse et tout ce qui naît

Ça fera bientôt six mois que je n’ai pas écrit ici. Ma grossesse a duré ça, six mois. C’est dire qu’il peut s’en passer des choses dans un si court laps de temps. Que votre vie peut changer radicalement. Les six derniers mois n’ont pas été aussi intenses que ceux qui ont mené à la naissance de mes filles, mais pas loin. Au cours de cette période, j’ai dû changer d’existence à peu près cinq fois.

J’ai décroché un job, mon chum est retourné à son ancien boulot, les petites sont entrées dans une garderie en milieu familiale, elles ont attrapé tous les virus de la terre, ont été hospitalisées, F. et moi avons cru mourir de fatigue, on a décidé qu’on ne pouvait pas continuer ainsi, F. a de nouveau lâché son boulot et repris son rôle de papa au foyer, tandis que moi, je suis devenue la femme pourvoyeuse ; en plus de mon statut d’employée dans une entreprise, j’ai accumulé les petits contrats, les activités littéraires, j’ai terminé la révision de mon troisième livre, travaillé à sa publication prochaine, décroché un contrat télé (!), fait je ne sais plus combien d’allers-retours à Montréal, planifié avec mon Italien son retour aux études, préparé une demande de subvention pour mon quatrième livre, appris que celle-ci m’était accordée, sauté de joie, puis je me suis dit « voilà que tout sera encore à repenser ».

J’ai sincèrement l’impression de toujours être en train de repartir en neuf. Et ce n’est pas sans me déplaire.

Parmi les changements que j’entrevois au cours des prochaines semaines, il y a celui d’assurer une présence plus constante sur ce blogue. On dirait que j’ai toujours plus de facilité à le nourrir de manière assidue lorsque je suis en période de création. L’écriture appelle l’écriture. Ça tombe bien, j’aurai des tonnes de trucs à écrire cet automne. Mon nouveau roman, puis autres choses dont je ne peux pas encore parler.

La prochaine saison sera faste. Si tout va comme prévu, vous devriez me voir la face souvent. Et pas juste ici. Ceux qui ne l’aiment pas trop, cette face, auront au moins été prévenus.

Tout commencera le 3 septembre avec la sortie en librairies de L’angoisse du poisson rouge. D’ici là, les curieux pourront en lire le résumé officiel en cliquant drette là : http://lapeuplade.com/livres/langoisse-du-poisson-rouge/.

Je vous laisse à vos vacances et vous dis à très bientôt.






mercredi 12 février 2014

Paul Larocque, la Saint-Valentin et le duct tape

J’ai toujours quelque chose à dire. Sur à peu près tout. On me l’a déjà reproché d’ailleurs. « On sait bien, toi, t’as une opinion sur toute. » C’est plutôt positif, dans la vie, d’être capable de se forger une opinion à propos de plus ou moins n’importe quel sujet. Pourtant, ce n’était pas un compliment.

Je parle beaucoup, c’est vrai. Particulièrement quand je suis gênée ou mal à l’aise – oui, la logorrhée peut être un indice de gêne, croyez-moi. J’ai la jasette facile, un peu trop au goût de certains. Il faut dire que même moi, je me trouve fatigante à l’occasion. Il m’est plus d’une fois arrivé de revenir d’un souper entre amies en me demandant « Est-ce que j’ai trop parlé ce soir ? Est-ce que j’ai été assez à l’écoute ? » Je repassais alors dans ma tête les discussions qu’on avait tenues, en essayant de me rappeler si j’étais toujours celle qui les avait menées ou si j’avais su prendre mon trou à certains moments.

Ce n’est parce qu’on est exubérante qu’on n’a pas conscience des autres.

J’ai toujours quelque chose à dire. Pourtant, depuis quelques semaines, j’ai l’impression que peu importe ce que je raconterais, ce serait sans intérêt. Pour de la fiction, ça va, je continue à avoir des idées, mon cerveau bouillonne, j’ai d’ailleurs commencé à tracer l’ébauche de mon prochain projet d’écriture. Toutefois, pour le reste, je considère que je n’ai rien de signifiant à ajouter au discours ambiant déjà saturé d’interventions inutiles.

Saturée, moi aussi, je le suis.

J’en ai marre d’entendre des insanités dans les médias, d’écouter de faux experts me parler de concepts qu’ils prétendent maîtriser alors qu’ils n’ont qu’une connaissance partielle des faits, de lire les humeurs de tous ceux qui savent enligner plus de trois mots (presque sans faire de fautes de syntaxe), de voir défiler les commentaires au bas des chroniques insipides qui circulent sur les réseaux sociaux.

Je suis tannée de vivre dans un monde où la liberté d’expression a fait place au droit à la bêtise.

Nous vivons dans une société hypocrite qui aime bien se faire croire que toutes les opinions se valent, alors qu’il n’y a rien de plus faux. « Ses [sic] une ostie de bitche [sic], a mérite pas de vivre. Anywé [sic], ses [sic] toute [sic] des folles ! » n’équivaut en rien à une réplique du genre « Bien que je désapprouve son comportement condescendant, je comprends que ce qui motive ses gestes, c’est le désespoir et l’absolu besoin d’être aimée. »

Je crois avoir déjà écrit à ce sujet. Je me répète. Ce doit être l’âge, additionné au fait que la situation ne s’améliore pas avec le temps, au contraire. Il semble y avoir de plus en plus d’espace sur la place publique pour les journalistes indécents de l’école paullarocqueste (« Ça fait quoi, madame, d’avoir tout perdu ? »), pour les vox populi dépourvus de contenu (« Et vous, que pensez-vous du froid ? Pis du trafic ? Pis de la Saint-Valentin ? Pis tant qu’à faire, croyez-vous qu’on serait mieux de choisir une autre journée pour la fête des amoureux, vu qui fait frette en ‘baslaque le 14 février ? »), pour les témoignages sensationnalistes (« Je comprends pas pourquoi c’est faire que y’a fait ça, c’était un bon gars pourtant, y les aimait, ses filles », dixit le voisin du cousin de la demi-sœur du beau-frère de celui qui vient de tuer ses deux enfants parce qu’il n’acceptait pas que son ex se soit recaser avec un plus jeune.)

On vit dans un beau monde de paroles vaines et d’images tordues.

À moi, souvent, ça m’enlève l’envie de la prendre, la parole. J’en viens à me demander si ce que j’aurais à ajouter est nécessaire, ou si ça ne ferait que nourrir l’impertinence générale. Il y a des jours où j’ai l’impression que mes idées pourraient faire avancer les choses, tranquillement. D’autres où j’ai juste envie de m’acheter une grosse roulette de duct tape chez Canadian Tire, de me l’enrouler au complet autour de la face, puis de me la fermer à jamais.


Certes, j’aurais les mains encore libres, donc je pourrais continuer d’écrire. Mais je m’assurerais de ne produire que des histoires inventées. Des mondes imaginaires où les mots ont encore une valeur.




jeudi 9 janvier 2014

Éloge de l'indignité

J’ai survécu au temps des Fêtes. Je retrouve maintenant le calme de la routine et la prévisibilité du quotidien avec un plaisir qui m’étonne moi-même. En fait, c’est une toute nouvelle routine qui s’entame pour ma famille et moi, puisque lundi le 6 janvier, F. commençait un nouveau boulot à temps plein (en vérité, il est retourné à l’endroit où il a travaillé en 2012 lorsque nous sommes revenus d’Italie) et les triplettes débutaient officiellement la garderie. Du gros changement.

Mes heures de sommeil ont drastiquement diminué. Pourtant, je ne me suis pas sentie aussi en forme depuis vraiment très longtemps.

F. et moi nous levons à 5h15, réveillons les petites 20 minutes plus tard, après nous être préparés et avoir chauffé l’eau pour le thé. Dans les rues comme dans la maison, il fait nuit. Nous devons nous activer malgré la noirceur, faire croire aux enfants que le jour viendra. Les convaincre que cette journée en sera une bonne. À 6h30, tout le monde embarque dans la voiture. Je joue les taxiwoman et vais déposer papa au travail ainsi que les bébés à la garderie, ce après quoi je reviens à la maison pour commencer ma propre journée. Tâches ménagères, courriels, lecture, écriture, préparation de nombreux projets. Je ne vois pas le temps passer.

Et je me sens comme il y avait longtemps que je ne m’étais pas sentie : bien. Juste bien.

Je me sens libre.

Après deux années entièrement dédiées à ma grossesse, à mes bébés hospitalisés, à mes poupons enfin à la maison, à mes petites, aux soins qu’elles nécessitaient, voilà que j’ai enfin du temps pour moi. Huit heures par jour, cinq jours par semaine, je me sens en vacances. Je pense à mes filles, bien sûr, mais je ne m’ennuie pas d’elles.

J’ai trop l’impression de revivre pour avoir le temps de m’ennuyer de qui que ce soit.

Cela fait-il de moi une mère indigne ? J’en doute. Récemment, Pierre Foglia publiait un papier sur ces parents qui « parkent » leurs enfants dans des garderie dix heures par jour et qui remettent leur éducation entre les mains des employés desdites garderies. Il s’insurgeait contre ces gens qui abandonnent presque leur progéniture et contre le mode de vie de ces personnes. Ce qu’il ne considérait toutefois pas, c’est que beaucoup de ces individus sont de très bons parents, toutefois, ils ne sont pas conçus pour être hommes ou femmes au foyer. Ils ont besoin d’avoir une vie en dehors de leur rôle de parents et le fait de se « départir » de leurs enfants 5 jours par semaine leur permet d’aller s’épanouir ailleurs, autrement, et d’être d’encore meilleurs papas et mamans lorsqu’ils retrouvent leurs petits. Le temps qu’ils passent avec eux le soir et la fin de semaine devient précieux et sa qualité augmente bien souvent.

Quand je retourne chercher Léa, Alice et Béatrice, je suis tellement heureuse de les voir. Elles me sautent au cou et ne veulent plus me lâcher. Tout cet amour me comble, m’insuffle de l’énergie. Lorsqu’elles étaient à la maison avec moi 24 heures sur 24, je n’avais que très rarement droit à de tels élans d’affection. Je devais surtout supporter leurs sautes d’humeur, leurs cris, leurs pleurs, leurs niaiseries, et me concentrer sur la préparation des repas, les changements de couche, le nettoyage, etc. Maintenant, durant les quelques heures par jour qu’on passe ensemble, bien sûr, je dois les nourrir, leur donner leur bain, etc., mais ces activités routinières deviennent des occasions pour nous amuser, chanter des chansons, partager de belles et bonnes choses. Je n’ai plus envie de les chicaner parce qu’elles jettent la moitié de leur plat par terre, de leur crier d’arrêter d’envoyer de l’eau partout lorsque je tente vainement de les nettoyer ; j’ai plus de patience, je tolère davantage leurs comportements enfantins, leur fais comprendre avec beaucoup plus de douceur que leur attitude est inadéquate. Parce que je n’ai pas passé la journée à faire la police, à ramasser des dégâts et à gérer des crises.

J’ai plutôt passer la journée à faire avancer des projets qui me tiennent à cœur, à entretenir la partie de moi qui a besoin de créer, de socialiser (avec des personnes de 18 ans ou plus qui ne prennent plus la suce ou le biberon, mettons), de se sentir utile et compétente (dans d’autres domaines que celui de l’érythème fessier ou de l’administration d’antibiotiques contre les otites). Tout en sachant que mes triplettes chéries sont là-bas, à se divertir, à apprendre de nouvelles choses que je n’aurais pas pu leur enseigner moi-même – la socialisation, le contact avec d’autres enfants, d’autres adultes, d’autres sources d’autorité –, qu’elles sont en train de devenir de vraies petites filles, avec leur cheminement propre, leur individualité. Que leur vie ne dépend plus seulement de la mienne.

Ces 8 heures par jour qui m’appartiennent, où je suis maître de mon temps et de mes activités, j’ai le choix de les passer à écouter la radio, un de mes plus grands petits plaisirs (que j’avais dû abandonner dès l’arrivée des triplettes à la maison, parce que ces dernières gueulent plus fort que Catherine Perrin et que la voix de Patrick Masbourian aurait risqué de les réveiller durant la sieste), ou dans le silence le plus complet – un plaisir encore plus impossible dans ma vie depuis un an et demi.

Depuis le 6 janvier, le silence est redevenu envisageable et l’avenir, prometteur.

Je suis moi à nouveau. Plus heureuse que jamais de pouvoir jouir de ma solitude.




lundi 16 décembre 2013

Opération déneigement

Noël s’en venait. Et il allait être blanc. Il y avait déjà un mètre de neige partout, les gens faisaient du ski de fond sur les trottoirs de Montréal alors que décembre commençait à peine. C’était en 2007. J’étais vraiment très amoureuse. Mais pas de mon chum.

J’avais rencontré quelqu’un d’autre. Un gars, dans un de mes cours à l’université, il me faisait de l’œil avec ses tatous et son crâne rasé. C’était un faux rebelle, plein d’humour et de tendresse. Il me regardait comme jamais personne ne l’avait fait. Je me sentais tellement belle sous ses yeux, même avec mon air de fille en fin de session qui boit trop de café et qui porte des cols roulés parce que le chauffage fonctionne toujours mal dans nos belles institutions d’enseignement sous-financées.

C’était à ces yeux-là que je voulais appartenir.

Ça me torturait. Je ne mangeais plus. Je ne dormais plus. J’étais un cliché ambulant. Je suis une fidèle, moi, dans la vie, je ne trompe pas mes chums, même quand ils ne me rendent pas heureuse. Ma loyauté est quasiment une maladie.

Je n’arrivais pas à chasser l’image du beau chauve tatoué de mon esprit ni à tout dire à mon copain et à enfin mettre mes culottes (j’aurais dû, j’aurais peut-être eu moins froid dans les salles de classe). J’étais incapable de quitter l’épave qui me servait d’amour. La relation que j’entretenais depuis trois ans avec cet artiste génial qui s’avérait un piètre amoureux était vouée à l’échec, c’était écrit dans le ciel blanchi par les flocons. Malgré tout, je ne parvenais pas à me décider et à le lui dire. Je casse.

J’étais incapable de mettre en branle mon opération déneigement. De déblayer les chemins de mon cœur et de faire fondre les monticules d’amour malade, gris comme la slush, qui me pesaient sur la poitrine.

Je déteste tout ce qui se termine. J’ai donc étiré ça aussi longtemps que je l’ai pu. Puis à un moment donné, ça a cassé tout seul.

Après avoir bu trop de bières dans un bar qui n’existe même plus aujourd’hui, mon beau chauve m’a avoué que lui aussi, il avait envie de moi. C’était brut. Ça faisait mal. Ça lui sortait par les tatous. Une mince pellicule de désir. Comme de la sueur, mais en encore plus transparent. Quelque chose qui vous donne encore plus de frissons quand le coup de chaleur a fini par passer. C’était insupportable de beauté comment on se voulait lui et moi.

Il avait une blonde. Il était aussi pas libre que moi. Qu’est-ce qu’on allait en faire, de tout cet amour inconsommable ?

On ne s’est pas embrassé, on ne pouvait pas. Il a à peine effleurer mes lèvres lorsqu’il s’est penché pour me faire la conventionnelle bise d’amitié.

Cet effleurement, c’est la fois où j’ai fait l’amour le plus intensément de ma vie.

Le 19 décembre 2007, cinq jours avant le réveillon, j’ai laissé le génie d’artiste qui me tenait lieu de copain. En chattant, sur Internet, pendant qu’il était au travail. La chose la plus moche qui soit. Ça ne lui a pas fait un pli. C’était ce que je détestais le plus chez lui : jamais rien ne le dérangeait.

Le plus dur, ça n’a pas été de le laisser, lui, mais plutôt tout ce avec quoi il venait. Tous les amis que nous avions en commun. Le mode de vie qui était le nôtre et qu’on allait dorénavant devoir prendre en garde partagée. L’appartement dans lequel on vivait. Et Noël.

J’étais censée passer le réveillon chez ses parents, en pyjama devant le foyer, à manger du ragoût de pattes et des biscuits aux épices en forme de petits bonhommes heureux. Je ne voyais pas comment cela serait possible.

Comment je pourrais faire semblant d’être bien dans mon pyjama en flanalette, sur le divan de mes beaux-parents, tandis qu’en vérité, je n’aimais plus leur fils. C’est pour ça que je l’ai laissé. Parce que Noël s’en venait et que le jour de la naissance de Jésus, des accroires, tu ne peux pas t’en faire. Tu dois dire la vérité, être toi-même, sinon, la dinde en sauce et les atocas se digèrent moins bien.

J’ai laissé mon ex par respect pour notre Sauveur.
  
C’est du moins ce dont j’essayais de me convaincre, parce que je filais un sapristi de mauvais coton.

Plutôt que des cantiques qui réchauffent le cœur, c’est des plaintes en ré mineur que je chantais à la journée longue. D’autant plus que mon beau chauve, lui, il ne l’avait pas laissée, sa blonde. Il avait trouvé le courage nécessaire pour lui mentir, pour aller célébrer avec elle, dans les églises, dans les salles paroissiales, dans les sous-sols de mononcle, dans les cuisine de grand-mère, partout où il fait bon faire semblant d’être heureux. J’attendais un message de sa part, des signaux de feu, n’importe quoi, juste pour me donner de l’espoir, me faire croire que je ne finirais pas ma vie seule.

Ils ne sont jamais venus. Ni le message, ni mon beau chauve.

Il n’avait jamais été question pour lui de quitter qui que ce soit. Il était bien là où il était. Son couple n’était pas parfait, mais il lui convenait. C’est comme ça qu’on fait des enfants j’imagine : en s’accommodant de l’imparfait. Moi, des enfants, je pensais bien que je n’en ferais jamais. J’étais à nouveau célibataire et la personne pour qui j’avais éprouvé le plus de désir dans ma vie ne voulait plus de moi.

Je me suis mise à envier Marie, la mère vierge. Je trouvais que ça avait été plutôt facile pour elle. J’étais jalouse de sa manière de vivre l’amour : sans rien toucher.

Et puis, le jour de Noël, elle était plutôt bien entourée, elle. Un âne, un bœuf, tout le tralala. Moi, je n’avais plus personne pour me réchauffer les doigts de pieds en dessous des draps glacés.

Quand mon ex est rentré du réveillon familial, il a ramené un paquet pour moi. Mes anciens beaux-parents avaient décidé de m’offrir le cadeau qu’ils m’avaient acheté, même si j’avais jeté leur fils comme du vieux papier d’emballage tout fripé.

C’était peut-être ça Noël, finalement : donner un cadeau à feu notre bru, être généreux avec les gens qui n’ont pas toujours été gentils avec nous, offrir sans compter, sans s’attendre à recevoir en échange, abandonner des présents ici et là en espérant qu’ils changeront tout pour ceux qui les trouveront.

Donner des cadeaux de Noël comme on se sépare. Annoncer à celui qui a partagé notre vie pendant plusieurs années qu’entre nous, c’est terminé, de manière désintéressée. Pas parce qu’un autre garçon nous attend quelque part, simplement parce que celui-là n’était pas le bon.

Jamais personne ne nous attend. Nulle part. Il n’y a que la neige qui soit fidèle.

Cette année-là, il est tombé 3,1 mètres de neige sur Montréal. La ville s’est endettée de 3,4 millions de dollars à cause des opérations déneigement rendues nécessaires par la poudreuse qui déferlait en continu.

Et mon cœur, lui, a été enseveli sous les glaces.







mercredi 27 novembre 2013

La quadrature du cercle ou comment faire passer ce qui ne tourne pas rond dans un monde carré

Les contraires s’attirent, paraît-il. Ce qu’on dit moins, c’est qu’ils s’attirent souvent à l’intérieur d’une même personne. Nous sommes des êtres bourrés de contradictions. S’il y avait une compétition de l’humain-ayant-le-plus-de-divergences-intrinsèques, je crois que mon nom pourrait aisément figurer parmi les finalistes en lice.

En soi, ce n’est pas nécessairement un problème d’être « contradictoire ». J’ai pour mon dire que le fait de modifier son point de vue fréquemment témoigne plutôt d’une certaine humilité – savoir reconnaître qu’on s’est trompé et réajuster le tir. N’affirme-t-on pas qu’il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idées ? Bon, je ne suis pas sûre que parce que je change souvent d’idées on puisse déduire que je ne sois pas folle, ce serait un sophisme de le prétendre, mais de toute façon, le but ici n’est pas de déterminer mon degré de folie. Mon but, ce serait plutôt de faire valoir à quel point il est difficile de nos jours d’être une personne normale qui vient avec son lot d’antinomies, de non-sens et d’incohérences.

À notre époque, une majorité de gens se compromettent sur Internet, que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans la blogosphère. Nous sommes plusieurs à dire ce que nous pensons haut et fort, à écrire nos opinions à chaud sur Twitter, à étaler nos états d’âme sur Facebook, à réfléchir à voix haute sur des tribunes WordPress, etc. Nous sommes tous, à différents niveaux, des personnages publics.

Certains évaluent et soupèsent tous leurs mots avant de les graver à jamais dans l’espace virtuel, mais une vaste majorité de gens ne tournent pas leur clavier sept fois avant de taper leurs 140 caractères. Ils sont eux-mêmes, impulsifs et colorés ; ils enfilent les statuts comme on enchaîne les blagues dans une conversation de bar avec des copains. Toutefois, Internet, ce n’est pas un bar. Ce qu’on y affirme ne reste pas « entre nous ».

Contrairement aux discussions de chums de gars ou aux remarques passées entre copines, les déclarations qu’on fait sur FB et autres demeurent accessibles en tout temps et en tout lieu et, qui plus est, sont potentiellement visibles par l’univers au complet (en admettant que le reste de la galaxie et que tous les systèmes solaires voisins soient branchés WiFi). Bref, quand on balance un truc dans le monde virtuel, mieux vaut être capable de l’assumer et ce, pendant un maudit gros bout de temps, parce qu’il y a de fortes chances qu’un jour, quelqu’un ressorte ces allégations des boules à mite. Et si on n'est alors plus d’accord avec ses propres affirmations, même si elles ont été avancées il y a de cela plusieurs lurettes, il va falloir patiner fort pour justifier son changement de cap.

Si on accepte qu’en privé une personne change son fusil d’épaule, évolue et se rétracte, en public, on tolère difficilement qu’elle ne soit pas fidèle à ses propres paroles. Tout de suite, on l’accusera d’être inconséquente. Tout ça parce qu’on aime beaucoup catégoriser les gens, leur mettre des étiquettes. Ça nous rassure et nous réconforte, que le monde soit noir ou blanc, mais jamais rien entre les deux. C’est plus facile à gérer. Alors quand quelqu’un s’enfonce dans le gris en mettant de l’eau dans son vin ou en nuançant son opinion, ça nous déstabilise l’équilibre social.

Me vient en tête l’exemple de Richard Martineau qui, cet automne, s’est affiché en faveur de la Charte des valeurs québécoises alors qu’en 2002, il écrivait ceci : « Demander aux gens de laisser leurs symboles religieux au vestiaire n’est pas seulement absurde, c’est à la limite dangereux. Cela revient à dire qu’au Québec, la différence n’est acceptable que si elle est cachée, gommée, invisible[1]. » Il y a quelques semaines, cet « illogisme » a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux et tout le monde accusait Martineau d’être un paradoxe ambulant. Je n’ai pas l’intention de défendre Richard Martineau, il est très bien capable de faire ça tout seul, mais je voudrais juste relever un point : il s’est écoulé 11 ans entre sa prise de position par rapport à la Charte des valeurs québécoises et ses premières assertions concernant la place des symboles religieux dans la sphère publique. Onze ans. Ça en fait de l’eau et des ponts, ça. Il y a une couple de viaducs qui ont eu le temps de s’effondrer depuis. Par conséquent, il y a une couple d’opinions qui ont eu le temps de se moduler. Je crois qu’il est tout à fait normal qu’en une décennie, une personne se convertisse, se corrige, se décale, glisse, innove, se modifie, se ravise, se transforme, de même que sa pensée. Autrement, on appelle ça de la fermeture d’esprit.

Toutefois, à l’ère du numérique, de l’information 24/7 en temps réel et en continu, du streaming, du live et du vox populi comme nouvelle manière de faire du journalisme, on dirait qu’il n’est plus possible de revenir sur ses pas. Si on a déclaré quelque chose devant la caméra de La Presse (parce que oui, les journaux papiers en sont rendus à avoir des caméras et à faire des topos vidéo) alors qu’on marchait tout bonnement sur le trottoir en direction de la boucherie (fait vécu), il va falloir s’en rappeler longtemps de ce qu’on a dit, et s’y tenir, et s’arranger pour y croire toute la vie, parce qu’autrement, on va finir comme Martineau – un gros méchant qui n’est même pas capable de se rappeler qu’il défendait le camp adverse dans une autre vie.

Tout ça, ça tombe bien mal, parce que moi, je suis une impulsive. Je m’emporte, je réagis fort et vite, avec émotions, transparence et beaucoup de naïveté, à tout ce qui se passe dans ma vie et dans le monde. En vieillissant, j’ai appris à me calmer (un peu) et à me retenir (parfois) pour ne pas créer d’incident diplomatique, mais reste que je suis d’un naturel spontané. Je n’irais pas jusqu’à dire irréfléchi, car je réfléchis malgré tout énormément avant d’ouvrir la bouche ou de me faire aller le clavier – cependant, je réfléchis rapidement. Et il m’arrive après coup non pas de regretter ce que j’ai dit, mais d’avoir envie de le nuancer, d’adoucir, de modérer. Parfois, aussi, j’ai envie de tout effacer et de m’excuser, parce que je suis rendue complètement ailleurs et que mon point de vue a été grandement altéré. Mais je ne peux pas.

En fait, si. Je pourrais éradiquer tous les billets de blogue avec lesquels je ne suis moi-même plus en accord à 100%, faire disparaître mes statuts Facebook les moins convaincants et me désinscrire de Twitter en m’assurant que mon profil soit détruit. Sauf que ce serait renier le chemin par lequel je suis passée pour en arriver à ma nouvelle posture, à la personne que je suis et qui est appelée à se métamorphoser, encore. Parce que c’est ça, la vie : une belle suite de transfigurations, de cent quatre-vingts et de mues. Il n’est donc pas question que je désavoue l’ancien moi pour mieux défendre le nouveau. Toutes ces personnes que j’ai été, que je suis et que je serai doivent pouvoir cohabiter. C’est à cela qu’elle tient, ma cohérence.





[1] http://voir.ca/chroniques/ondes-de-choc/2002/04/24/sikh-alors/

mardi 12 novembre 2013

Guess Who ?


Nous allons jouer à Qui est-ce ? Savez, ce jeu de société avec lequel nous nous sommes tous amusés lorsque nous étions gamins. Une planche avec 24 personnages. Un paquet de cartes. On en choisit une au hasard. Sur notre propre planche de jeu, on rabaisse l’image du personnage qui figure sur notre carte. La partie commence : on essaie de deviner quel personnage a pigé notre adversaire en posant des questions du genre « Est-ce un homme ? A-t-il les cheveux blonds ? Porte-t-il un chapeau ? » Ce n’est pas super palpitant comme jeu. Mais quand on est jeune, on n’est pas trop capricieux, on aime pas mal n’importe quoi, tant que ça a la propriété de nous divertir 5 minutes.

Même si c’est moyennement le fun, nous allons jouer, OK ?

Je vais poser les questions à votre place, vu que le blog, ce n’est pas super interactif, t’sais.

Alors…

Est-ce une femme ?
Oui. On lui a déjà dit cependant qu’elle dégageait quelque chose de très masculin. Pas tant dans son apparence que dans son attitude. Une manière d’être, de faire, une assurance généralement réservée aux membres du sexe fort. Comme s’il fallait avoir un pénis entre les deux jambes pour être une personne groundée, confiante.

A-t-elle les cheveux raides ?
Non. Elle a bien essayé une ou deux fois de se les raidir, mais le résultat n’était pas très concluant. Deux secondes dehors et hop !, avec l’humidité, ses boucles revenaient au galop.

Sont-ils blonds ?
Non.

Bruns ?
Non.

Roux ?
Oui. Mais ils commencent à y avoir des individus blancs au travers. Comme quoi elle aussi vieillit. Trop vite à son goût.

Porte-t-elle des lunettes ?
Oui. Lorsqu’à 12 ans, l’optométriste lui a annoncé qu’elle devrait porter des lunettes, elle a pensé « C’est une catastrophe. » Les gens la traitaient déjà de bolée – elle avait toujours eu d’excellentes notes à l’école – et elle craignait qu’on l’associe dorénavant à un rat de bibliothèque, en raison de ses barniques. Aujourd’hui, quand elle ne les porte pas, elle trouve que sa face a l’air toute nue.

A-t-elle les yeux marron ?
Non. Ils sont bleus-verts. Le parfait mélange entre les yeux azur de sa mère et ceux vert pomme de son père. Un regard rieur avec de plus en plus de pattes d’oie autour. Ça lui apprendra à rigoler trop souvent.

A-t-elle une fossette sur le menton ?
Non. Par contre, le menton, elle le porte relevé. C’est une personne plutôt fière. Elle n’aime pas laisser voir ses faiblesses. Elle marche la tête haute, comme si rien ne l’atteignait, alors que c’est tout à fait faux. Hypersensible, les remarques désobligeantes et les commentaires d’autrui la touchent beaucoup. Elle fait juste semblant de ne pas les entendre, puis elle fonce. Une fois rendue chez elle, elle éclate souvent en sanglots.

A-t-elle les joues rouges ?
Constamment. Elle a un tempérament sanguin. Elle rougit à rien. De gêne, rarement, d’émotions, souvent. De joie, de rage, de chagrin. Elle est incapable de cacher ses états d’âme, ils transparaissent tout de suite sur son visage. Elle admire les gens qui sont capables de mentir car elle, elle n’y parvient pas. Non pas qu’elle souhaiterait pouvoir être malhonnête, loin de là, cependant, il y a certains mensonges qui auraient parfois pu la sortir du pétrin.

Je crois que je sais ! C’est Mélissa !

Tu brûles. Mais ce n’est pas tout à fait ça.

C’est Mélissa, oui, mais seulement une partie d’elle. La Mélissa que tout le monde croit connaître, celle qui se trimballe en public avec son sourire éternel, sa verve enflammée et ses grands gestes impulsifs. Toutefois, il existe aussi une autre Mélissa. Celle-là, on ne la voit pas sur le tableau de jeu.

C’est une jeune femme angoissée, qui se remet constamment en doute, qui demande juste à être aimée, qui voudrait qu’on lui caresse les cheveux en lui disant que tout va bien aller. Elle est tout sauf sûre d’elle-même.

Elle parle souvent d’elle sur son blogue ces temps-ci. Elle essaie de sortir de sa cachette. De laisser savoir au monde qu’elle en a marre de se terrer derrière l’autre Mélissa, l’exubérante, la colorée, l’assurée, la décidée. Elle l’aime bien, cette autre Mélissa, mais elle est fatiguée que tous croient qu’il n’y a qu’elle.

Depuis quelques années, les réseaux sociaux ont grandement contribué à véhiculer l’image d’une Mélissa inébranlable, alors que ces années ont été particulièrement chargées en épreuves et en moments difficiles. Parfois, elle aurait voulu que les gens la prennent dans leurs bras et lui offrent de l’aider plutôt que de lui dire « Wow, t’es courageuse, bravo, continue comme ça. » Courageuse, Mélissa, elle ne trouvait pas qu’elle l’était tant que ça. Au bout du rouleau, c’est plutôt ainsi qu’elle se percevait.

Personne n’a été foutu de la diagnostiquer, mais aujourd’hui, elle réalise qu’elle a probablement fait une dépression.

Les gens ne sont jamais ce qu’on croit qu’ils sont. L’image est traître. Il ne faut jamais se baser complètement sur elle pour bâtir notre opinion d’une personne et prétendre par la suite que « cette fille-là, on la connaît bien ».

On ne remporte pas une partie de Guess Who ? en se fiant aux premières impressions.




jeudi 7 novembre 2013

Ma vie en haute résolution


On attend généralement le mois de janvier pour prendre des résolutions. On se dit qu’une année qui commence, c’est l’occasion idéale pour se faire des promesses qu’on ne tiendra pas. Pourtant, des 365 jours qui composent le calendrier, je n’en connais pas beaucoup qui soient plus mauvais qu’un autre pour prendre des décisions à moitié. Il n’est jamais trop tard pour scraper sa vie ni trop tôt pour lui injecter un nouveau souffle. Bref, je me suis dit que le 7 novembre, ça pourrait être une belle journée pour vous faire part de ce que j’aimerais changer dans mon existence imparfaite.

-       En septembre, j’ai arrêté le café. Je l’ai remplacé par des thés ou des tisanes. J’aimerais continuer dans cette voie (ça ne devrait pas être trop difficile, le café ne me manque pas vraiment). J’aimerais cependant devenir capable de boire mon thé sans faire autre chose. Que cela devienne un véritable moment de repos, de ressourcement, de méditation. Non pas une manière d’occuper mes mains et ma bouche pendant que je stresse au sujet des tâches ménagères à accomplir ou de mes dates de tombée.
-       Bien que j’en consomme déjà très peu, j’aimerais manger moins de viande. Je ne veux pas devenir végétarienne, j’aime la viande et lorsqu’elle est produite dans les bonnes conditions, cela ne me pose aucun problème moral. Je respecte beaucoup ceux qui ont choisi le végétarisme comme mode de vie (et non pas comme mode tout court – ceux-là, ils me font chier), mais je fais plutôt partie de l’école des « autochtones » ; les autochtones respectent la nature, lui rendent hommage et la remercient de ses offrandes, mais ils ne se privent pas d’en consommer les richesses, quelles soient animales ou végétales. Ma résolution serait peut-être celle-là en fait : j’aimerais consommer de manière plus responsable et être davantage reconnaissante envers ceux qui me nourrissent – les animaux, les agriculteurs, ceux qui sacrifient leur vie pour donner à manger à la planète, quoi.
-       Je voudrais trouver une activité physique qui me plaise vraiment et la pratiquer régulièrement, pour la forme, mais surtout pour le plaisir. J’ai déjà parlé de ma perception de la course à pied, maintenant que c’est devenu une norme de la pratiquer, alors il me faudra dénicher autre chose que le jogging pour me garder en shape. Le badminton ? La nage ? Le vélo ? Le ski ? Ça me prend quelque chose de pas trop contraignant sur le plan des horaires, vie de famille oblige. Idéalement, un sport qui ne nécessite ni d’aptitudes particulières (je suis un format mini, laissez faire le basket), ni de longues heures de cours (la plongée sous-marine, mettons qu’on repassera) et qui peut se pratiquer près de chez moi (monter les marches ne compte pas).
-       Mon plus grand défi : arrêter de m’en faire. Je suis une angoissée de nature. Je réfléchis trop. Mon anxiété, comme je l’ai déjà raconté ici, a été nourrie par la grande fatigue qui a suivi mon accouchement et les exigences de la vie de maman de triplées. Maintenant, la routine est un peu plus facile alors je devrais être en mesure de faire baisser mon taux de stress. Je dois arrêter de faire de la projection et d’imaginer ce que sera l’avenir (de manière généralement plutôt farfelue et pas du tout réaliste, puisque la majorité de mes craintes ne se réalisent jamais). Me concentrer sur l’ici et le maintenant, m’en contenter. C’est un travail à long terme. On ne convertit pas un esprit tourmenté à la zénitude en criant « Bouddha ! »
-       Deuxième résolution la plus difficile à concrétiser : arrêter de m’en faire avec ce que les autres pensent. Je dégage généralement une grande confiance en moi et un je-m’en-foutisme à l’égard de ce qu’autrui peut bien penser à mon sujet, mais il n’y a rien de plus faux que cette indifférence qu’on m’attribue souvent. Je suis tout sauf indifférente. Ce que plusieurs perçoivent comme du détachement, voire de la condescendance, n’est en fait qu’une façon de survivre au regard des autres, à leur jugement. Une belle grosse carapace que je me suis forgée au fil des années et qui m’a fait marcher la tête haute même lorsqu’en dedans je me sentais comme un haricot desséché. Je dois apprendre à ne plus anticiper ce que les gens penseront de moi, à m’insensibiliser aux remarques négligentes et aux attaques déplacées, à vivre ma vie comme je l’entends, en respectant bien entendu la liberté et les valeurs d’autrui mais en n’étant pas virée à l’envers pendant une semaine lorsque je blesse quelqu’un ou que je le déçois.

Des résolutions pour rendre mon existence plus agréable, je pourrais en prendre mille autres. Mais déjà avec celles-ci, il me semble que j’ai du travail pour plusieurs décennies ! Il est probablement sans intérêt pour beaucoup de personnes de prendre compte de ces « lignes directrices » que j’essaie de suivre du mieux que je le peux, mais j’ai choisi de les partager au cas où elles pourraient trouver écho dans la tête de deux ou trois lecteurs qui, eux aussi, cherchent à améliorer leur petite personne.

N’allez pas croire que je verse maintenant dans la psycho-pop et que mon prochain bouquin parlera de croissance personnelle. Je suis de celle qui croit que c’est dans l’intimité et le recueillement qu’on peut véritablement instaurer des changements en soi et les vivre jusqu’au bout. Ça ne devrait donc pas devenir une habitude que de vous entretenir au sujet des solutions que je cherche à mettre en place pour rendre mon quotidien moins cahoteux. Toutefois, je crois aussi que cette quête du meilleur est l’affaire d’une majorité. Pourtant, on se sent souvent bien seul dans notre poursuite du bonheur. On a constamment besoin de se faire rappeler que notre désir du mieux est partagé par plusieurs et que ces « plusieurs » possèdent peut-être une partie de la réponse à nos interrogations métaphysiques et autres remises en questions.

C’est ironique, oui : j’essaie de moins m’en faire avec les autres, cependant, je reconnais de plus en plus que j’ai besoin d’eux pour construire mon équilibre.